Pour ceux qui ne me connaissent pas encore je suis très réservée, même si cela ne se voit pas ;)!

Je souhaite par ce post vous donner une aperçu du style d’écriture de Camille. Elle sort cette semaine son tout premier roman et je souhaite vraiment encourager son travail et vraiment féliciter son parcours.

Dire NON, beaucoup en rêve d’autres finissent par le faire et des fois parce que le corps ne laisse plus le choix.

J’ai eu quelques échanges avec Camille pour dresser ce portrait. J’ai été émue, touchée, subjuguée et captivée et surprise par la justesse de se retranscription de ce que j’avais dit mais aussi de ce que je n’avais pas dit. Alors pour accompagner la sortie de son livre “La jeune cadre dynamique qui voulait conquérir le monde”, je dévoile ce trésor que j’avais gardé caché juste pour moi jusqu’à ce jour.

 

Merci Camille et encore Bravo pour ce magnifique parcours, pour la beauté de ta personne, ta perspicacité et ta vivacité.

Patricia

 

 

 

La femme, la lionne, le séquoia

 

Corps inconnus

Que cachent ces corps ? Vous les voyez, nous les croisons, dans la rue, les transports, au travail, chaque jour des corps différents. Il y a ceux qu’on connaît, reconnaît, qui surprennent, un détail que l’on n’avait jamais remarqué. Un grain de beauté, le lobe des oreilles, le chromatisme des yeux, la longueur des doigts. Il y a ce que l’on devine, sous les vêtements, les froissements du pantalon, la fluidité de la robe, une cuisse vertigineuse, une épaule maigrelette, des fesses bombées, une poitrine qui s’affirme, un ventre débonnaire. Vérité du corps que les accoutrements estompent sans dérober.

A prendre le temps d’observer, l’œil sait dénuder.

Que cache un corps ? Un monde intérieur inaccessible, barré de portes fermées à double tour où l’on patiente chapeau à la main, portes à double battants, portes-fenêtres. Toute une faune, toute une flore vivent là, dans les plis de l’âme et de ses mouvements, tectoniques intérieures.

Des forces contraires déforment, soumettent aux pressions intenses, insoutenables parfois, des pans entiers de l’être s’engloutissent, d’autres affleurent, pour le meilleur, pour le pire : mondes intérieurs rétrécis, comme des mers s’assèchent. De ces batailles intimes, le corps ne cache rien. Démarche lente, visage creusé, poids sur les épaules, brisure du dos.

Méconnaissables : c’est ainsi qu’on les qualifie, ceux-là qui s’abaissent, en se demandant s’ils en reviendront.

 

Triple saut

Cette femme s’appelle Patricia Cyprien.

Elle se tient dans le soleil de cet après-midi d’avril. Son corps s’affirme, trouve sa place dans l’affluence de ce lieu fréquenté. Ses jambes stables offrent un point de gravité confiant au bassin, son torse élance ses épaules comme un dégagement, sa tête, aux mouvements attentifs, organise l’espace pour mieux se situer.

Ce corps se projette, il marche comme entrainé, un pas en appelle un autre, il ne doute pas, marche droit et s’offre des détours. Pas de contradiction. Ce corps-là saute, triple saute, il pratique la discipline depuis des années. Il connait les impulsions, les mesures, les marques, la décomposition des mouvements, la concentration sur chaque foulée, le déclenchement du saut, le premier bond, le deuxième, le troisième, la douleur de cette vitesse à conserver, à préserver, les gestes à synchroniser, avant de s’envoler, chuter dans le grand bac, attendre le verdict. Planche mordue, pas mordue, la distance avalée.

Ce corps-là, dansant, antique, se projette dans l’avenir avec l’héritage d’une discipline célébrée aussi loin que remonte la mémoire.

 

Gnothi seauton (Connais-toi toi-même)

Le corps ne serait rien sans l’esprit. Et inversement. L’un aide l’autre à se réaliser. Et inversement.Dans une compétition, le plus à craindre n’est pas le poids du corps, mais celui de l’esprit. Il rabat tout à terre. L’oubli est le graal du sportif.

Chez Patricia Cyprien l’esprit ne l’entend pas ainsi. Il aime la compétition, il est tenace, il a le mors aux dents. Il pose aussi des questions. Beaucoup. Lorsque Patricia fixait ce presque rivage où son corps jaillirait en bloc compact, il lui insufflait la détermination d’une lionne, instillait comme revers d’une même médaille, le poison des doutes.

Esprit complexe, force incommensurable et éparpillée, que de travail pour le dompter. Enfant rebelle, il n’écoute pas, va trop loin, saccage le corps, trébuche, se blesse. Sur les pistes où Patricia s’élance, il cherche la cadence parfaite, fonce, déborde du cadre.

 

Vies de Patricia Cyprien

Dans cette vie aux étapes franchies à cloche-pied, sans jamais se dire que c’était difficile, Patricia va vite. C’est la caractéristique de ceux qui ne se rassasient de rien, voient chaque saut comme une impulsion à donner pour toucher les cimes. Comme s’ils ne retombaient jamais dans le bac à sable. Les études, le boulot, les preuves, puis les promotions et augmentations, Patricia trace son chemin, se dépense, ses réalisations sont reconnues. A peine trente ans, responsable d’une équipe, elle manage. Dans les codes de l’entreprise, cela signifie que vous amorcez la bonne trajectoire. Lorsque vient le dimanche soir, elle a déjà les muscles chauds, déjà dans l’action.

Les vies de Patricia sont multiples, superposées. Vous la trouverez au travail, dans une formation au CNAM, à faire la fête jusqu’à l’aube, près de ses enfants, ou sur une piste d’athlétisme. Fille, sœur, nièce, mère, étudiante, sportive, manager, découvreuse, cette solitaire à l’aise en société voyage sans cesse.

Il y a les voyages horizontaux, où le corps se déploie dans la jonction d’univers différents. Patricia dérive dans ses explorations. Elle se grandit de cette liberté, ne s’interdit rien. Elle prend les chemins de traverse, elle divague, elle voit ce que les guides touristiques omettent, allonge secondes et minutes, sent, s’imprègne.

 

Principe de réalité

Il y a aussi les voyages intérieurs peuplés de monstres et de créatures fantastiques. Dante aux enfers. Point de départ de ces dégringolades : des insignifiances. Mises bout à bout, elles forment la chaine du burn out, entrave aux pieds, aux mains, le sac puis le plongeon dans l’océan.

Le corps a compris le premier, donne l’alerte, essaie de témoigner, de se débattre, il tombe malade, ne guérit que pour mieux s’abîmer. L’esprit préfère multiplier les analyses médicales pour ne pas reconnaitre ce délabrement, entre insomnies et crises de larmes clandestines. La maison brûle, le corps brûle, l’énergie se consume.

Comment sauver les apparences ? Patricia s’assoit chaque matin au bureau, répond aux mails, prend place sur une chaise, autour d’une table de réunion, prononce des paroles, présente des bilans, des stratégies, des points d’étape, des états budgétaires, s’en souvient de moins en moins. L’esprit lui aussi commence à s’épuiser, il se contracte et s’amenuise.

Quand vient le dimanche soir, à mesure que l’heure du coucher approche, une boule au ventre, qui retarde d’autant le moment où les paupières se ferment sur demain. Mais le roulement de la vie se fait ainsi, et c’est ce que l’esprit répète au corps : il y aura bientôt les vacances, tu te reposeras, j’oublierai, on repartira  comme avant, au début.

Un matin de septembre, le moment du trop survient, le corps reprend ses droits. Au travail, assis devant l’ordinateur, il expédie les affaires courantes, en pilote automatique, se lève, part chez le médecin, écoute le diagnostic sans l’ancrer dans une réalité : burn out sévère, installé depuis plusieurs années.

Ce grand corps sombre, par paliers, comme une plongée sous-marine à l’envers. L’énergie vitale qui lui reste, Patricia la dépense à détacher les liens qui la retiennent au monde d’avant. A ses côtés, famille, mari, enfants, amis, avocate. Elle tourne le dos à cette entreprise, s’ouvre alors sous ses pieds une trappe sans fond. Plus de carburant, plus d’objectif, plus de chemin, l’esprit volatile, le corps vide. Les journées se traînent, obscures, les crises d’angoisses, et le ciel reste bas.

 

Coup de talon

Le courage a pour allégorie Sisyphe et son rocher. On se montre courageux en diverses circonstances de la vie : première prise de sang, dénonciation à la place d’un autre, opinion défendue à rebours, maladie surmontée… Le courage s’éprouve à chaque seconde, en chaque occasion, il regarde d’en haut, demande « Seras-tu une fois encore capable ? »

« Je me suis battue comme une lionne »

Lorsque Patricia prononce ces mots, son regard se perd dans le lointain, de nouveau vous attrape.

« Je me suis battue comme une lionne »

A quel moment le déclic ? A quel moment décide-t-on qu’il suffit de s’effondrer, qu’il faut remonter, se reconstruire ?

Son visage se penche légèrement, ses mots se font rares. Quelle mémoire renferme ce corps ? Vient une saison où l’esprit sort de son hibernation. Cette lionne tapie, le corps ramassé, prêt à se détendre, déferle dans la vie. Et c’est la deuxième fois.

Elle vous regarde encore, de ce sourire franc. Dans ses yeux, derrière la densité noire de sa pupille, quelque chose de tendre, un aperçu de la profondeur qui ne se donne pas à voir. C’est ici que le corps a inscrit son histoire.

Qu’en est-il de l’avenir ? Où reprennent les anciens chemins ? Où naissent les autres ?

Il y a chez Patricia Cyprien cette sérénité apaisante. Elle est femme lionne, elle se projette dans l’espace, dans le temps, bondit. Nouvelle vie, nouveau projet de carrière, elle accompagne ceux que l’usure ronge, qu’ils deviennent lions à leur tour. La modernité les appelle coachs. Ils redonnent prise.

 

Femme séquoia

Il y a autre chose chez ce corps majestueux. L’enracinement de la durée, la stabilité de ce qui se sait soutenu, la blessure comme une germination. Cette solitaire sociable est femme séquoia.

Il faut l’avoir vu une fois au moins ce grand arbre tranquille au tronc puissant, rougeâtre, aux aiguilles vertes, qui traverse les années, innombrables, étrange solitaire au milieu d’une vie collective. Il résiste au feu, aux maladies, et lorsqu’un morceau de son écorce se détache, voici un nouveau tronc, rougeâtre, des aiguilles vertes, survivant aux civilisations s’il le faut.

De quoi la vie d’une femme séquoia est-elle faite ? De silence et d’écoute, de pérégrinations solitaires, où l’on découvre que le meilleur camarade de chambrée n’est autre que soi-même. Patricia va là où ses voix la portent, l’une lui recommande tel village en lisière, un autre tel patrimoine perdu, un peu triste, un séquoia sans sa forêt.

Aucune incompatibilité avec les voyages en famille, avec son mari, avec Mathias, et Adam, ses deux fils. Patricia séquence, chaque temps irrigue.

 

Femme, lionne, séquoia

Etrange alliage, lionne et séquoia, être que l’on pourrait croire issu des mythologies anciennes, des mondes de Tolkien. De la lionne, cette démarche athlétique, cette détermination, ce regard fixé sur le présent. Du séquoia, cet enracinement, cette stabilité, cette profondeur séculaire.

De l’alliance des deux, la transmission.

Transmettre à ceux que Patricia accompagne dans le mûrissement de leur voie. Transmettre aux enfants qu’elle aime tant, toutes les promesses de leur avenir. Que certains ne restent pas sur le côté faute d’être compris. Ils sont turbulents, ils semblent agités. Sur la photo de classe, ils ne trouvent pas leur place. Ils comprennent plus vite, les structures scolaires sont trop rigides pour eux. La femme lionne séquoia leur offre la liberté d’être. Elle a mis sur pied des ateliers dont ils sont l’unité de toute chose. Ils collent, coupent, fabriquent, assemblent, ils lisent, écrivent et chantent. Premières plongées à la recherche du trésor caché.

Créez les enfants, exprimez-vous, faites du bruit, soyez insupportables. C’est simplement que vous grandissez.

Camille Cordouan, juillet 2017

 

Je vouspropose de découvrir son site et son univers

A très bientôt,

Patricia Cyprien Cloarec

A très bientôt sur le site de C’Koya Coaching!

Patricia

 

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